Expédition #BiJu en Ardèche (du 4 au 8 mai 2022).

Après avoir envisagé les Hautes-Alpes puis l’Italie, nous nous reportons vers l’Ardèche pour éviter des chemins trop enneigés (voir mon Tour du Queyras en 2019).

Un peu d’innovation : cette fois, nous ne nous contenterons pas de dizaines de kilomètres de rando. Nous marcherons deux jours sur les hauteurs de l’Ardèche, et pour les jours suivants nous avons réservé un VTT et une journée en canoë.

J1 – [Rando] De Mézilhac à Antraigues-sur-Volane

Face Ouest du GR de Pays de la Haute Cévenne d’Ardèche, du Nord au Sud

40,5km, 1270m+ (Lien Strava)

Notre étude très rapide des cartes nous rend confiants pour ce premier jour : ce sera essentiellement de la descente. Spoiler : Fake News.

"L'église folle", Burzet

« L’église folle », Burzet

Nous démarrons le GRP par un petit détour vers le Montiveroux, un petit sommet où nous suivons un sentier pédagogique nous faisant découvrir le phénomène de la burle, nom local d’un vent violent qui a causé le crash d’un certain nombre d’avions dans la région. Nous passons ensuite par le plus haut village d’Ardèche, Lachamp-Raphaël, avant d’entamer une longue descente assez raide dans la forêt. Les sentiers sont très verts et très humides dans cette partie de l’Ardèche, même si en deuxième partie de randonnée, alors que nous avons perdu plusieurs centaines de mètres d’altitude, nous constatons de nombreux restes d’arbres calcinés.

Nous opérons un petit détour sur les hauteurs de Burzet pour prendre une belle vue sur ce que nous appellerons « l’église folle » et empruntons partiellement un chemin du calvaire.

La fin de la randonnée nous fait traverser le lieu-dit de l’Enfer, métaphore de l’état des pieds de Ju, couverts d’ampoules après 40 kilomètres (comme d’habitude).

 

J2 – [Rando] D’Antraigues-sur-Volane à Mézilhac

Face Est du GR de Pays de la Haute Cévenne d’Ardèche, du Sud au Nord

37km, 1700m+ (Lien Strava)

Nous sortons de l’hôtel, et, plus confiants que jamais, nous suivons les balises rouges et jaunes du GRP pour terminer notre boucle de randonnée. Au bout d’1km, Ju prend la décision de finir la randonnée montagneuse dans les hautes herbes et la rocaille (nous traverserons des champs de pierres volcaniques à flanc de montagne)… en tongues.

Au bout de 3 kilomètres, Ju sort son téléphone pour une simple vérification de routine à propos de notre itinéraire. Et nous rions, car nous ne sommes absolument pas sur notre itinéraire : nous avons pris une variante du GRP nous faisant arriver tout droit vers la destination, trop facile pour nous. Après quelques réflexions, nous faisons demi-tour et revenons au point de départ. Le J2 commence donc à environ 11 heures du matin, et nous sommes censés monter beaucoup plus que la veille : prometteur !

La grande ascension du jour commencera au 23ème kilomètre, après la traversée du ruisseau de la Bise.

Le soir tombant et le retour en altitude nous frigorifie quelque peu. Bi a les mains paralysées et ne parvient pas à reboutonner sa braguette :’) Il faut dire que l’équipement est assez léger (tee-shirt/short pour Bi, et tongues pour Ju), puisque nous n’apprenons jamais de nos erreurs (voir la fin de la randonnée en Auvergne en 2020 !) C’est donc Ju qui ferme le pantalon de Bi après une pause pipi. 🙄 Après une dernière petite erreur d’itinéraire (mais cette fois ce n’était pas de notre faute, le panneau était faux !), nous reprenons la route de l’hôtel.

L’arrivée est une délivrance, mais il faut maintenant faire 2 heures de route pour rejoindre le Sud de l’Ardèche où nous avons un VTT réservé pour le lendemain matin. Déception car hors saison, les restaurants seront tous fermés ce soir, nous nous contenterons d’un Burger King avant d’aller dormir.

 

J3 – [VTT*] Saint-Martin-d’Ardèche – Vallon-Pont-d’Arc A/R

73,5km, 1300m+ (Lien Strava)

Nous arrivons tranquillement place de l’église à Saint-Martin pour récupérer notre VTT et démarrer notre excursion. Le VTT n’arrive pas. Ju téléphone au loueur : notre réservation n’a pas été enregistrée correctement. Et il n’y a plus de VTT. Parfait. *Finalement, on nous amène un VTTAE (à assistance électrique) avec plus d’une heure de retard.

Les Ardéchois nous FORCENT donc à tricher. La triche n’est pas évidente au début de la randonnée car nous arrivons rapidement à une ascension dans les rochers : il faut porter les lourds vélos de 25kg, et Bi envisage le suicide-falaise.

Direction Vallon avec une alternance de chemins et de routes. Pour Ju, le VTT est une grande première et les descentes dans les cailloux et la terre ne sont pas toujours réalisées avec une grande aisance. Pour Bi, ce n’est pas une grande première, … et les descentes dans les cailloux et la terre ne sont pas toujours réalisées avec une grande aisance.

Une heure après le départ, Ju s’arrête dans un chemin de caillasse. Il a déraillé et la chaine s’est emmêlée de manière inextricable. Evidemment nous n’avons aucun outil adapté. Après une réflexion collaborative, les choses finissent par rentrer dans l’ordre, Ju débloque sa chaîne en forçant en utilisant un antivol.  😆

Nous traversons de jolis villages, parmi lesquels Labastide-de-Virac, où nous nous restaurons dans l’auberge Au Vieux Porche. Le patron, émerveillé par nos beaux VTT, nous met en garde sur le « mur » qui nous attend après Vallon.

Nous reprenons la route direction Vallon, puis le Mur. L’exercice consiste à utiliser l’assistance pour le franchir, sans abuser pour conserver de la batterie. Le retour vers Saint-Martin se fera par la route pour profiter des différents panoramas sur les gorges (et aussi parce que c’est plus facile mais ce n’est pas la raison officielle retenue.) Ju peine à conserver sa batterie car il est plus lourd que Bi. En solidarité, Bi limite aussi l’utilisation de l’assistance, mais celle de Ju finit par le lâcher à plus de 10 kilomètres de l’arrivée. Nous finissons par rejoindre l’objectif et nous serons contents de nous débarrasser de ces engins diaboliques (depuis le temps que je dis que le vélo, c’est le mal !)

 

J4 – [Canoë] Descente de l’Ardèche, de Vallon à Saint-Martin

31km (Lien Strava)

Paroxysme de l’innovation, aujourd’hui nous quittons la terre ferme pour embarquer dans un canoë deux places. Avant le départ, nous écoutons attentivement les consignes pour passer sans encombre les différents rapides, pour ne pas perdre ses lunettes de soleil, etc. 😉 Le départ se fait à Vallon, en amont de la fameuse arche (une des deux seules arches naturelles de ce type au monde) et l’arrivée est à Saint-Martin. Nous sommes censés traverser une huitaine de rapides, dont quelques « techniques » comme le Charlemagne et la Dent Noire.

Nous profitons du paysage relativement peu envahi par les touristes. On nous a dit qu’en haute saison, il pouvait y avoir jusqu’à 1500 canoë par heure passant sous l’arche, alors que nous ne sommes que quelques groupes isolés.

Nous traversons les premiers rapides dits techniques sans encombre. Professionnels ! La chaleur est acceptable, il fait beau et nous nous accordons quelques pauses pour profiter des paysages.

Vers le 22ème kilomètre, nous nous approchons du rapide du Figueras, répertorié comme plus facile que ce que nous avons déjà traversé. Juste avant, nous nous bloquons dans un champ de gravier duquel nous peinons à nous dépêtrer avec nos pagaies, par flemme de se mettre dans l’eau pour dégager l’embarcation. Au bout de dix minutes, victoire, nous avançons à nouveau… en marche arrière. Nous abordons donc le rapide du Figueras en marche arrière. PAF rocher, glouglou, pagaie de Bi qui s’enfuit loin. Mais nous arrivons à remonter assez vite dans le canoë, avant la fin des festivités du Figueras. Ju est désormais seul à la manœuvre, cette fois en marche avant, le temps de récupérer l’autre pagaie. Et… PAF rocher, glouglou. Mais gros glouglou cette fois, l’autre pagaie se barre, le canoë se barre, le tonneau avec nos affaires se barre et nous sommes entraînés dans l’Ardèche  😆  :mrgreen: Nous nageons tant bien que mal vers nos affaires et un kayakiste ramène même la pagaie de Bi. Le gredin ne nous ramène même pas nos paires de lunettes de soleil définitivement perdues !

Après une pause de récupération de ce traumatisme  😎 nous repartons, cette fois avec une extrême prudence à l’approche des différents rapides ! Nous arrivons finalement à Saint-Martin avec une grande avance (les premiers de notre groupe) en ayant pris notre temps.

Bilan : un beau fou rire lié à la chute dans le rapide, des paires de lunettes en moins, et un joli coup de soleil sur les jambes pour Bi, qui en souffrira quelques jours.

 

J5 – [Rando + Musée] Réplique de la Grotte Chauvet

15,4km, 510m+ (Lien Strava)

Après 4 jours assez intensifs, nous décidons de conclure le séjour par un moment de culture, et c’est pour ça que nous prenons le chemin de la Grotte Chauvet 2, près de Vallon. Avant la visite prévue pour le début d’après-midi, nous réalisons tout de même le minimum syndical en termes de randonnée, l’occasion de profiter encore un peu des paysages des gorges de l’Ardèche avant de quitter la région. La randonnée ne sera pas si « familiale » que cela, ça grimpe pas mal et il faut forcer le pas pour ne pas faire l’impasse sur un restau tout en étant à l’heure pour Chauvet. C’est aussi l’occasion d’une brève initiation à la spéléologie pour Bi, attiré par les profondeurs d’une grotte.

Après avoir mangé nos burgers dans un petit restaurant en terrasse (plutôt bon mais l’employée était moins pressée que nous !), nous reprenons le chemin vers la Grotte. Après une belle ascension, nous arrivons à l’heure, même légèrement en avance. Malheureusement, la guichetière est très bête. Elle nous fait payer deux euros plus cher parce que nous n’avons pas visité le Pont du Gard (Okéééééé), puis repousse l’heure de notre visite car l’entrée de la grotte est soit-disant loooiiinnnnn, mais à au moooinns 10 minuuutes et ce sera trop taaaard. Spoiler : Fake News. Nous arrivons avant le départ de la visite initialement prévue, alors que nous avons pris notre temps en lisant des panneaux d’information touristique sur l’histoire de la grotte et de sa découverte. Puis nous attendons donc une demie-heure la visite au nouvel horaire imposé.

La grotte originale a été découverte en 1994 et a pris le nom de l’un de ses trois inventeurs. Les photos évidemment interdites dans la grotte. La visite dure une heure et notre guide nous plonge dans l’univers des hommes préhistoriques et de leur vie il y a 36000 ans. Elle est bien conçue et le guide nous explique clairement les différentes techniques de l’art pariétal que nous observons, et leurs significations, quand des hypothèses sont possibles. Des ossements sont disséminés au sol, rappelant la présence des ours des cavernes à certaines époques.

Nous terminons la visite par le son et image « Animal » dans une salle. Bon, disons que nous ne sommes pas le public-cible, mais les enfants autour de nous ont l’air ravis.

 

Le bilan du séjour est positif, un bon bol d’air, aucune blessure et les objectifs ont été tenus. Un petit bémol, les Ardéchois ne sont souvent pas très friands de la bière, certains restaurants proposant par exemple simplement une Heineken ou une Jupiler… Le Picon sauve le désastre ! Dans un restaurant, nous avons donc décidé de nous tourner vers le vin. La carte proposait alors du vin « Ardéchois » OU du vin « Supérieur« . Pas très flatteur pour le terroir local ! En revanche, ce fut l’occasion de goûter à la crème de châtaigne, fruits que nous avons abondamment croisé lors de nos randos, piégés dans de grands filets disposés au sol. Pour finir, au vu des panneaux rencontrés, l’Ardèche a l’air également bien touchée par le « fléau » de la chasse.

Merci une nouvelle fois aux Esclaves de Séli sans qui cette aventure n’aurait pas été possible !